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05.05.2020 - 16:48

"Pas de relâchement": Macron veut un déconfinement très prudent

"Pas de relâchement" ni de "retour à la normale" après le 11 mai, même dans les zones "vertes": Emmanuel Macron a appelé à un déconfinement extrêmement prudent. Il faut encore attendre pour les vacances d'été, a-t-il aussi dit.

"On est en train de réussir ce confinement inédit" et "on a su répondre" à la crise, mais "le virus est toujours là, on ne l'a pas vaincu", a-t-il rappelé. Le président s'est exprimé après avoir visité une école à Poissy, dans les Yvelines, pour rassurer maires, parents et enseignants sur une rentrée qui inquiète.

Mais les Français doivent encore s'attendre après le 11 mai à "des contraintes sur les déplacements longs et des contrôles", dont "le gouvernement donnera les règles" jeudi. "Je tiendrai un conseil de défense (sanitaire) jeudi et à son issue toutes les décisions seront données. Le Premier ministre avec ses ministres y reviendront en détail. Mon rôle est d'avoir un propos de bon sens", a-t-il dit.

Vert et rouge "peu différenciés"

Le gouvernement doit notamment fixer pour de bon la carte des départements classés rouges ou verts selon leur situation sanitaire et préciser des mesures adaptées. Mais peu différenciées, a souligné le chef de l'Etat. "Ce critère rouge et vert est important, donc sur certains déplacements, sur l'ouverture de certains services, on variera un peu les choses", a-t-il expliqué.

"Mais pour quelqu'un de fragile, plutôt âgé, même en zone verte le virus est très dangereux. Donc je ne voudrais pas une forme de relâchement et qu'on se dise, quand on est classé vert, tout revient à la normale. Il y aura partout en France des gestes barrières. Il y aura de petites différences" mais "pas au-delà du raisonnable", a-t-il déclaré.

"On veut éviter le brassage, que des milliers et des milliers de nos concitoyens qui viennent d'endroits plus infectés aillent dans des endroits plus protégés", y compris "pour prendre le vert" notamment lors des deux grands week-ends fériés qui arrivent. "Il y a des restrictions et c'est normal. On n'a pas gagné la bataille contre le virus. Il est toujours là, on l'a ralenti", a-t-il dit, ajoutant n'avoir "pas envie de revenir en arrière au bout de trois semaines" et devoir "refermer" à nouveau des pans entiers de la vie quotidienne des Français.

Périlleuse rentrée scolaire

Emmanuel Macron a également cherché à apaiser les inquiétudes de ses compatriotes sur la périlleuse rentrée scolaire qui s'annonce. Beaucoup de maires refusent de rouvrir les écoles dès la semaine prochaine, ou alors a minima. Ce qui entraînerait des répercussions en cascade, notamment sur la garde des enfants.

"Je comprends leurs angoisses, leurs questions, leurs inquiétudes", a lancé le président. Et de plaider pour un "retour progressif et concerté", avec pour objectif que "tous les enfants qui ont besoin de revenir à l'école (...) puissent trouver une école ouverte avec un temps aménagé".

Le premier ministre Edouard Philippe, qui doit présenter jeudi les détails pratiques du déconfinement, a également qualifié la fermeture des écoles de "catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents". A ses yeux, le décrochage scolaire est "probablement une bombe à retardement".

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer la réouverture des écoles: lavage de mains à répétition, bureaux espacés d'au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances... Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques.

Les élus sont aussi inquiets sur leur responsabilité pénale si la sortie du confinement devait mal se passer. "Nous sommes mobilisés, déterminés pour réussir le déconfinement, mais nous n'accepterons pas de le faire sans garanties", a ainsi prévenu le sénateur LR Philippe Bas.

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