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20.03.2020 - 18:08

Nouveau tour de vis dans la lutte contre le coronavirus

Les Suisses échappent au confinement général. Mais le Conseil fédéral a décidé vendredi de durcir les mesures. Les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits sous peine d'amende.

"L'heure est grave. Les prochains jours seront difficiles", a reconnu le ministre de la santé Alain Berset lors d'une conférence de presse à Berne. Pour freiner la propagation du virus, une seule solution: se montrer solidaire et respecter les mesures décidées par les autorités. "C'est le dernier moment pour les appliquer".

"Chacun et chacune a un rôle à jouer. Tout le monde est concerné", a insisté le conseiller fédéral. Il a notamment appelé les personnes de plus de 65 ans à se protéger, en restant chez elles, et les jeunes à se plier aux mesures qui ont été renforcées vendredi.

Tout rassemblement de plus de cinq personnes est interdit dans l'espace public, à savoir sur les places, dans les rues, les parcs ou encore au bord des lacs et des rivières. Pour les groupes de moins de cinq personnes, une distance sociale d'au moins deux mètres doit être respectée. Les polices cantonales pourront amender les contrevenants, à raison de 100 francs par personne.

Ouvriers mieux protégés

La population est en outre fortement encouragée à rester à la maison. Le gouvernement recommande de ne sortir de chez soi que pour se rendre au travail ou chez le médecin, aider quelqu'un ou encore faire ses courses.

Afin d'éviter les agglutinements dans les magasins, les achats en ligne sont d'ailleurs facilités. Les services postaux pourront distribuer sept jours sur sept les denrées alimentaires et les biens de consommation courante commandés en ligne.

Les nouvelles mesures concernent aussi les domaines de la construction et de l'industrie. Ceux-ci sont tenus de respecter les recommandations en matière d'hygiène et d'éloignement social. Et les employeurs doivent limiter le nombre de personnes sur les chantiers. Si les entreprises ne peuvent pas mettre en oeuvre les règles d'hygiène, elles devront fermer.

Finies les retouches esthétiques

Les opérations non urgentes sont par ailleurs interdites dans les hôpitaux. Il s'agit des opérations pouvant être repoussées sans mettre en danger le patient et celles réalisées à des fins esthétiques ou pour améliorer les performances ou le bien-être. Alain Berset a aussi appelé toute personne ayant une formation médicale de s'annoncer auprès de son canton.

Pour éviter la surcharge du système de santé et des administrations, un contingent de la protection civile sera par ailleurs mis à disposition des cantons. Ils pourront notamment les aider dans la prise en charge des personnes âgées, ainsi que la mise en place et la gestion de structures d’accueil dans les hôpitaux ou de numéros d’urgence publics.

Le service est limité à fin juin 2020. Les cantons restent compétents pour décider des mandats concrets, de la convocation de personnes astreintes et de l’exécution des interventions. La Confédération indemnisera les cantons à raison d’un montant forfaitaire de 27,50 francs par jour de service. Le coût total de l’opération ne devrait dès lors pas dépasser 23,4 millions de francs.

Adhésion de la population

Avec ces mesures, le Conseil fédéral veut éviter un pas plus drastique. Un confinement général, comme c'est déjà le cas dans certains pays voisins, n'est pas à l'ordre du jour. "Ce que nous faisons actuellement est très proche", a souligné Alain Berset. Il s'agit déjà d'une restriction extrêmement forte de la liberté individuelle.

Mais "nous ne faisons pas de politique spectacle. Ce qui compte, ce ne sont pas les quinze secondes de l'annonce, mais l'adhésion de la population dans les semaines à venir." Le confinement généralisé n'est pas la meilleure solution. "Ce n'est pas le confinement qui nous protège, mais notre comportement".

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