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18.03.2020 - 14:52

Les syndicats veulent l'arrêt de toutes les activités non urgentes

Il faut arrêter toutes les activités de production et de service qui ne sont pas socialement nécessaires et urgentes. Les syndicalistes de Suisse romande ont lancé mercredi un appel au Conseil fédéral à cause du coronavirus.

"Nos vies valent plus que leurs profits", justifient les signataires de l'appel. Pour combattre la propagation du virus et réduire le nombre de décès à venir, il ne suffit pas de fermer bistrots, salons de coiffure et cinémas, estiment les syndicalistes romands du Syndicat des services publics (SSP) et d'Unia.

A quoi bon interdire l'accès aux parcs publics si des centaines de milliers de salariés doivent travailler les uns aux côtés des autres sur les chantiers, dans des entreprises industrielles, voire même dans des bureaux. Tous ceux qui accomplissent des activités non socialement nécessaires et urgentes devraient bénéficier d'un congé extraordinaire payé jusqu'à la fin de la situation d'urgence sanitaire.

Le congé ne devrait être déduit ni d'éventuelles heures supplémentaires à récupérer, ni de jours de congé à prendre. Les syndicalistes exigent encore que les mesures adaptées de protection des salariés, y compris des contrôles réels de leur application, soient mises en place dans toutes les entreprises et services en activité.

Licenciements interdits

Les syndicalistes réclament par ailleurs l'interdiction des licenciements pour cause d'arrêt ou de réduction de la production, ainsi que la prolongation des indemnités de chômage. Tout le personnel en arrêt de travail, y compris les employés avec un contrat à durée déterminée ou temporaire et les personnes rémunérées à l'heure, devraient bénéficier du maintien de leur salaire.

Pour financer ces mesures, il y a le chômage partiel. Mais les syndicalistes évoquent aussi une "contribution de solidarité" qui pourrait être demandée aux grands patrons et actionnaires. Selon eux, les bénéfices empochés les dernières années dans de nombreuses entreprises et les "cadeaux fiscaux massifs" permettent de faire face à la situation actuelle de manière solidaire.

Une aide pour les freelances

Les freelances et les indépendants qui travaillent dans la branche des médias et dans le domaine créatif devraient également bénéficier d'un soutien, estime Syndicom. Ces branches sont directement touchées par la crise du coronavirus qui a entraîné l'annulation de moult mandats.

Elles sont en outre à peine couvertes par les assurances sociales. Le syndicat a donc lancé jusqu'à jeudi un sondage auprès des personnes concernées pour qu'elles indiquent leur manque à gagner. Syndicom estime qu'en l'état, les mesures de soutien prévues par la Confédération ne sont pas efficaces et s'avèrent insuffisantes pour ces travailleurs. La Confédération et les cantons doivent faire plus.

L'association Grève du Climat se joint à l'appel. Dans une pétition, elle réclame notamment la fermeture de tous les entreprises, services et administration ne fournissant pas un service vital à la population. Si le télétravail n'est pas possible, les employés doivent être mis au chômage technique avec salaires assurés, aussi bien pour les salariés que pour les indépendants.

La Grève du Climat encourage les personnes non réquisitionnées à quitter immédiatement leurs lieux de travail, pour leur santé et celle des autres.

Réponse vendredi

Le Conseil fédéral a discuté mercredi de mesures supplémentaires visant à atténuer les conséquences économiques de l'épidémie. Les décisions seront prises et communiquées vendredi lors de la séance du gouvernement, a indiqué sur Twitter le porte-parole du Conseil fédéral André Simonazzi.

Vendredi dernier, le gouvernement avait annoncé une enveloppe de dix milliards de francs pour des mesures immédiates. Certaines de ces mesures doivent encore être élaborées ou précisées.

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