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26.06.2020 - 16:31

Le réalisateur russe Serebrennikov condamné à une peine avec sursis

Le réalisateur et metteur en scène russe Kirill Serebrennikov a été condamné vendredi à Moscou à une peine de trois ans de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable de détournements de fonds dans une affaire jugée politique par ses partisans.

"La réhabilitation de Serebrennikov est possible sans peine réelle" de privation de liberté, a estimé la juge Olessya Mendeleïeva. Elle lui inflige par ailleurs une interdiction de diriger tout organisme culturel, une amende et trois années de mise à l'épreuve.

"Sans commentaire", a dit l'intéressé à l'issue de la lecture du jugement. Il a passé toute la journée le visage couvert d'un masque de protection noir en raison de l'épidémie de Covid-19.

Le parquet avait requis six ans de prison ferme. La juge a considéré que le réalisateur et metteur en scène, célébré notamment pour son film Leto et ses opéras, s'était rendu coupable d'avoir détourné des subventions à des fins d'enrichissement personnel à hauteur d'environ 129 millions de roubles (environ 1,76 million de francs).

Deux autres accusés dans cette affaire, Iouri Itine et Konstantin Malobrodski, ont été condamnés à des peines avec sursis de deux et trois ans respectivement. Une quatrième accusée, Sofia Apfelbaum, s'est vu infliger une amende qu'elle n'aura pas à payer car couverte par la prescription. Elle a fondu en larmes à l'énoncé de ces sanctions.

La juge a reproché aux accusés d'avoir agi en groupe et à Kirill Serebrennikov d'avoir "dirigé tous les membres du groupe et pris des mesures pour dissimuler les vols".

Applaudissements

Des centaines de partisans du réalisateur, réunis devant le tribunal Mechtchanski de la capitale russe, ont réagi par des applaudissements car ils craignaient une lourde peine d'emprisonnement.

Arrêté en août 2017 sur le tournage à Saint-Pétersbourg (nord-ouest) de son film "Leto", il avait été emmené à Moscou, puis assigné à résidence jusqu'en avril 2019. Nombre de personnalités culturelles russes et étrangères lui ont exprimé leur soutien, estimant que son art en contradiction avec le conservatisme des autorités russes a pu lui faire des ennemis à l'origine de ses déboires.

Kirill Serebrennikov, directeur artistique du Centre Gogol, un célèbre théâtre moscovite, a toujours nié les charges pesant contre lui.

Quelque 3000 personnalités de la culture ont appelé lundi dans une pétition le ministère de la Culture à renoncer aux poursuites, dénonçant une "affaire qui a été fabriquée" par les enquêteurs.

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