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17.05.2020 - 19:32

Le président afghan et son rival signent un accord de partage du pouvoir

Le président afghan Ashraf Ghani et son rival Abdullah Abdullah ont signé dimanche un accord de partage du pouvoir, a annoncé un porte-parole du président. Cet accord survient après des mois d'une querelle qui a plongé le pays dans une crise politique.

"Le Dr Abdullah conduira la commission de réconciliation nationale et des membres de son équipe seront inclus dans le cabinet", a écrit sur Twitter Sediq Sediqqi, le porte-parole de M. Ghani. Abdullah Abdullah, un ophtalmologue, avait quant à lui annoncé le 1er mai un "accord provisoire" avec Ashraf Ghani, un ancien économiste de la Banque mondiale.

Cette percée intervient alors que l'Afghanistan est aux prises avec une recrudescence des violences, malgré la signature fin février d'un accord avec les Etats-Unis portant sur le départ de toutes les troupes étrangères du pays sous quatorze mois. Mardi, l'attaque d'une maternité de Kaboul a fait 24 morts, dont des nouveau-nés. Le pays doit en outre faire face à une propagation rapide du nouveau coronavirus.

"Ce qui est attendu maintenant, c'est que ces dirigeants résolvent les problèmes qu'affronte l'Afghanistan, comme le coronavirus et les pourparlers de paix avec les talibans", a expliqué à l'AFP Sayed Nasir Musawi, analyste politique à Kaboul.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a félicité MM. Ghani et Abdullah "pour leur accord sur une gouvernance inclusive de l'Afghanistan", mais "regretté le temps perdu pendant l'impasse politique" de plusieurs mois qu'a connu le pays.

Deux présidents

M. Abdullah, ex-chef de l'exécutif afghan au terme d'un précédent accord de partage du pouvoir, avait perdu ce poste après sa défaite face à M. Ghani à l'élection présidentielle en septembre. Les résultats définitifs n'en avaient été annoncés qu'en février en raison notamment du dépôt par les candidats de 16'500 plaintes pour irrégularités.

Début mars, MM. Ghani et Abdullah s'étaient tous deux déclarés présidents le même jour au même endroit. M. Ghani a été reconnu par la communauté internationale.

Washington avait alors fait pression pour résoudre la crise politique afin de pouvoir démarrer des négociations entre Kaboul et les talibans sur l'avenir du pays, annonçant la réduction immédiate d'un milliard de dollars des Etats-Unis à l'Afghanistan et d'un milliard supplémentaire en 2021 si l'impasse se poursuivait.

Espoir de sortie de crise

En portant M. Abdullah à la tête du conseil de paix afghan pour conduire des pourparlers avec les talibans, le nouvel accord de partage du pouvoir conclu dimanche pourrait aider l'Afghanistan à sortir de la crise, estiment des analystes.

Les talibans ont déjà signé le 29 février un accord historique avec Washington ouvrant la voie à un retrait des forces étrangères du pays après près de 19 années de guerre. Mais les négociations de paix directes sans précédent entre les rebelles et le gouvernement de Kaboul, censées débuter il y a plus de deux mois, sont restées lettre morte.

La semaine dernière, le bain de sang à la maternité de Kaboul a poussé M. Ghani à ordonner la reprise des opérations offensives contre les talibans. Ces derniers ont nié toute responsabilité dans cette attaque, pour laquelle les Etats-Unis ont incriminé le groupe djihadiste Etat islamique.

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