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05.05.2020 - 17:31

Le Parlement approuve l'appui de l'armée dans la crise

L'engagement de l'armée pour aider les autorités civiles dans la lutte contre le Covid-19 est nécessaire. Le Conseil national a approuvé mardi par 155 voix contre 8 et 31 abstentions, le déploiement maximal de 8000 militaires jusqu'au 30 juin.

Au final, quelque 5000 soldats ont été appelés en service d'assistance. Et quelque 3800 militaires sont encore engagés dans 19 cantons. Ce chiffre devrait encore baisser d'ici la fin de la semaine.

Les autres ont déjà pu rentrer à la maison grâce au ralentissement des contaminations en avril. Mais ils restent mobilisables dans les 24 heures en cas de besoin, notamment en cas de deuxième vague d'infection.

Priska Seiler-Graf (PS/ZH) a toutefois appelé la Confédération à avoir recours au service civil dans ce cas. Celui-ci est plus à même d'intervenir dans le domaine civil.

Engagement salué

C'est la plus grande mobilisation de l'armée depuis la deuxième Guerre mondiale, a précisé Jean-Luc Addor (UDC/VS) au nom de la commission. Tous les partis ont salué l'engagement des membres de l'armée.

Mais certains ont soulevé des problèmes. Marionna Schlatter (Verts/ZH) a souligné les incohérences: les exercices de tir - inutiles contre une pandémie, le manque de protection, la trop grande proximité entre soldats dans les dortoirs. L'armée n'a pas réussi à protéger son personnel contre le virus, créant ainsi un risque inacceptable pour la population, a poursuivi Fabien Fivaz Verts/NE).

Instruction obligatoire

Les jours de service accomplis seront imputés pour un maximum de deux cours de répétition, soit 38 jours. Par 125 voix contre 66, le National a refusé d'imputer au service d'instruction obligatoire l'intégralité du service d'appui, comme le demandait la gauche. "Cela aurait permis de reconnaître à sa juste valeur cet engagement", a avancé Mme Seiler-Graf. En vain.

La convocation de la troupe ne sera pas liée à une non-réduction du temps de travail du personnel de santé ou à l'indisponibilité des civilistes. Là aussi, le National a rejeté une proposition de la gauche, par 123 voix contre 69.

Les cas où les hôpitaux ont reçu l'aide de l'armée et mis au chômage partiel leurs employés sont trop rares pour nécessiter une adaptation, a avancé Thomas Hurter (UDC/SH). Pour les Vert'libéraux, le problème est plutôt à chercher du côté des hôpitaux. L'armée n'a été engagée que lorsque les cantons ont montré que leurs moyens étaient saturés, a rappelé Maja Riniker (PLR/AG).

Finalement, le soutien de l'armée aux frontières doit être prolongé jusqu'au 30 juin, ont estimé les députés, par 127 voix contre 67. Cet engagement se fait à la demande de l'administration fédérale des douanes et il est toujours utile, selon M. Addor. La gauche s'y est opposée, estimant que les passages aux frontières ont fortement diminué.

Missions sur demande

Les missions de l’armée consistent entre autres à appuyer les structures hospitalières civiles dans le domaine des soins, des transports et de la logistique. Les troupes soutiennent aussi la pharmacie de l’armée dans le domaine de l’acquisition de matériel médical et épaulent le laboratoire de Spiez afin d’augmenter ses capacités en ce qui concerne les tests.

L'armée apporte également son soutien à la sécurité. La Police militaire ainsi que d'autres formations renforcent les effectifs douaniers pour la surveillance des secteurs frontaliers. En outre, les militaires ont pris en charge la protection d’ambassades.

Tous les engagements de l’armée sont effectués à la demande des cantons ou des autorités fédérales. L'armée a reçu 370 demandes des cantons au total, dont 70 sont encore en cours, a précisé la ministre de la protection de la population Viola Amherd.

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