Retour

04.05.2020 - 05:50

Le déconfinement s'accélère en Europe, Italie en tête

L'Europe, Italie en tête dès lundi, se lance cette semaine dans le déconfinement de ses millions d'habitants. De l'autre côté de l'Atlantique, le président américain Donald Trump promet un vaccin contre le coronavirus avant la fin de l'année.

Plus de 3,5 millions de cas de nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles lundi à 05h00.

Mais, encouragées par l'annonce dimanche de 174 décès en Italie en 24 heures, le nombre le plus faible depuis le début du confinement, les autorités vont entamer un allègement attendu par tous, pour faire repartir une économie mise à genoux par la maladie.

Cette ouverture reste très prudente: pas de commerces de détail, pas de bars ni de restaurants, télétravail encouragé, pas de réunion de famille même s'il sera possible d'aller voir ses proches vivant dans la même région, distanciation sociale maintenue y compris dans les transports, pas de rassemblement, pas de pique-nique au parc...

Les autorités restent toutefois inquiètes face au risque d'une deuxième vague, et elles ne sont pas les seules. "Les nouvelles règles sont plutôt vagues. J'ai peur que ce soit une excuse pour beaucoup pour faire un peu n'importe quoi et aller voir tout le monde, les cousins, les copines...", commente Alessandra Coletti, professeur de 39 ans.

Sauf bien sûr, si les prédictions du président américain se réalisent. "Nous pensons que nous aurons un vaccin d'ici la fin de cette année", a en effet affirmé dimanche Donald Trump lors d'une émission spéciale sur Fox News.

"Vous ne devriez pas dire ça"

"Les médecins vont dire: vous ne devriez pas dire cela. Je dis ce que je pense", a-t-il ajouté. Il existe une centaine de projets de vaccins anti-Covid-19 à travers le monde, dont une dizaine en phase d'essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Les principaux dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, ont de leur côté apporté leur soutien à une collecte de fonds mondiale organisée lundi à Bruxelles pour la recherche d'un vaccin et de traitements contre le nouveau coronavirus.

Organisatrice de cette grande conférence en ligne d'appels aux dons, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère lever 7,5 milliards d'euros.

En attendant ce vaccin, la plupart de ces dirigeants préparent le grand déconfinement de leurs populations, attendu à partir du 11 mai dans plusieurs pays européens.

La France, très touchée par l'épidémie (24'895 morts), prévoit de débuter son déconfinement à cette date, mais prudemment et à un rythme différent selon les régions. De nombreuses interrogations demeurent sur la réouverture des écoles.

Clarification

La présidence française a clarifié dimanche la situation des voyageurs arrivant sur son sol, assurant qu'aucune quarantaine ne serait imposée à ceux provenant de l'UE, de l'espace Schengen ou du Royaume-Uni.

L'Espagne, où le Covid-19 a fait plus de 25'000 morts et dont les 47 millions d'habitants étaient enfermés depuis mi-mars, a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d'ici la fin juin. Le pays a recensé dimanche 164 décès du coronavirus, chiffre quotidien le plus bas depuis presque sept semaines.

La levée des restrictions est en revanche déjà bien enclenchée en Allemagne, où les écoles rouvrent progressivement dans certains Länder lundi; en Autriche, où les artères commerçantes de Vienne ont retrouvé samedi leur animation avec la réouverture des magasins, ainsi que dans les pays scandinaves.

Autre signe de normalisation, le ministre allemand de l'Intérieur et des Sports s'est dit favorable dimanche à une reprise du championnat de football. Ce qui ferait de l'Allemagne le premier grand championnat européen à franchir ce pas.

En Europe de l'Est, les terrasses des cafés et des restaurants rouvriront à partir de lundi en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées ouvriront également.

245'576 morts

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a promis un plan de déconfinement la semaine prochaine. Là aussi, le chiffre des décès diminue (315 en 24h) mais les chiffres officiels marquent souvent une baisse le week-end, due aux retards dans les enregistrements, suivie d'une recrudescence.

La pandémie a fait au moins 245'576 morts dans le monde, dont plus de 85% en Europe et aux États-Unis, selon un dernier bilan établi par l'AFP sur la base de chiffres officiels admis comme largement sous-évalués.

Aux Etats-Unis (plus de 67'600 décès), malgré des bilans quotidiens toujours lourds (1450 morts au cours des dernières 24 heures), plus de 35 des 50 Etats ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l'économie.

Et sur la Chine, Washington a encore durci le ton dimanche en affirmant disposer d'un "nombre significatif de preuves" que le nouveau coronavirus provient d'un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

En Israël, une partie des classes de primaire a rouvert, sauf dans les secteurs dits "à risque". En Algérie en revanche, de nombreux commerces, rouverts la semaine dernière, ont dû fermer à nouveau ce week-end dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non respect des règles d'hygiène et de la distanciation sociale.

Radio Rhône SA   Ch. St-Hubert 5   CP 1144   1951 Sion   Tél. 027 / 327 20 20 Fax. 027 / 327 20 23