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25.06.2020 - 15:27

La Confédération doit établir une stratégie alimentaire 2050

La Confédération doit établir une stratégie alimentaire 2050 offrant à la population la possibilité de choisir une alimentation saine issue d’une production et d’une distribution durables. Ce sont les conclusions du PNR 69 présentées jeudi à Berne.

Le Programme national de recherche "Alimentation saine et production alimentaire durable" (PNR 69), financé par le Fonds national suisse (FNS), a étudié les interactions entre alimentation, santé et environnement. Vingt-six projets de recherche ont été menés entre 2013 et 2019, ont indiqué ses responsables jeudi à Berne devant la presse à l'heure du bilan.

Selon ses conclusions, le système alimentaire suisse peut offrir, aujourd’hui et demain, une alimentation plus saine. Et cette alimentation pourrait provenir de systèmes durables de production, de transformation et de distribution, tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement du pays.

Pour y parvenir, la Suisse a besoin d’une stratégie explicite à l’horizon 2050 qui définisse les objectifs et les instruments nécessaires et implique tous les acteurs. "Des stratégies sectorielles ne suffiront pas", a relevé Fred Paccaud, professeur honoraire de l'Université de Lausanne et président du comité de direction du PNR 69.

Lutte contre le gaspillage

Comme premier élément, les chercheurs ont élaboré des recommandations qui contribuent à la réduction du gaspillage. Il s’agit en particulier de modifier les critères esthétiques aboutissant à la destruction d’aliments, de recourir à de nouveaux modes de conservation, voire de développer des emballages intelligents indiquant l’état réel des aliments conservés plutôt que de se baser sur des dates de péremption pas toujours pertinentes.

Ce problème est important pour la Suisse parce que son alimentation dépend pour moitié de l’approvisionnement étranger. De cette forte dépendance découle le fait que deux tiers de l’empreinte environnementale de l’alimentation suisse sont réalisés hors du pays: le moyen le plus efficace pour la réduire est donc de lutter résolument contre les pertes et le gaspillage.

Ainsi, réduire la consommation de viande permettrait à la fois d’améliorer l’état de santé de la population et de diminuer l’impact environnemental de l’élevage, a souligné le Pr Paccaud. Cet objectif de réduction doit toutefois tenir compte du rôle économique de la production de viande et de produits laitiers dans l’agriculture suisse.

Dans ce cadre, la stratégie alimentaire 2050 devra, comme deuxième élément, présenter les instruments d’une transition de l’agriculture. Il s’agit en particulier de compenser les pertes induites par la réduction de la consommation carnée dans le cadre du subventionnement des familles paysannes.

Il faut aussi positionner l’agriculture suisse comme actrice de la santé publique, en soutenant mieux la production indigène de fruits, de fruits à coques, de légumes et de légumineuses.

Consommateurs mieux impliqués

En troisième lieu, les experts appellent à renforcer la participation politique des consommateurs. Le changement du régime alimentaire ne pourra se faire sans l’adhésion de la population. Celle-ci doit disposer d’informations et de recommandations crédibles et utilisables pour participer aux transitions alimentaire, écologique et sanitaire.

Les associations de consommateurs devraient participer à l’élaboration des lignes directrices au même titre que les associations représentant le monde paysan, l’industrie, la gastronomie, la protection de l’environnement et la promotion de la santé.

Le PNR 69 recommande en outre à la Confédération d’étudier l’opportunité d’étendre le droit de recours aux associations de consommateurs et de leur permettre de s’associer à des plaintes collectives.

Apport calorique

Enfin, un quatrième élément de la stratégie alimentaire 2050 consiste à stimuler et à améliorer la production, la transformation et la distribution d’aliments sains et durables tout au long de la chaîne alimentaire.

De nombreux groupes de recherche du PNR 69 ont développé des recommandations spécifiques, qu’elles concernent les exploitations agricoles, la pollution des sols, les interventions dans les cantines ou dans les lieux de passage tels que les gares.

D’autres groupes de recherche ont développé de nouveaux outils pour surveiller l’apport calorique et aider à la perte de poids et de nouvelles approches visant à lutter contre les maladies carentielles.

Le rapport souligne que la Suisse affiche un certain retard par rapport à d’autres pays: la première étude nationale sur les régimes alimentaires a été réalisée en 2013 seulement.

https://www.sainetdurable.ch/fr

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