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22.06.2020 - 18:05

L'ONU va enquêter sur les violations des droits de l'homme en Libye

La violation des droits de l'homme en Libye, pays en conflit depuis de nombreuses années, va faire l'objet d'une investigation de l'ONU. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a approuvé à Genève le lancement d'une mission d'établissement des faits.

Certes, cette résolution de compromis n'établit pas une commission d'enquête internationale comme l'auraient souhaité plusieurs ONG, dont Human Rights Watch (HRW). Mais la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet devra désigner deux experts qui mèneront des investigations pendant au moins un an sur les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire (DIH) depuis 2016.

La Suisse s'était déclarée favorable à un dispositif de surveillance internationale des violations perpétrées par de nombreux acteurs en Libye.

Violences condamnées

La résolution "condamne fermement" tous les actes de violence et ces abus, ainsi que les assauts contre les institutions. Elle demande encore au Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, de garantir que les responsables soient poursuivis. Celui-ci a dit qu'il serait ravi de collaborer avec ce dispositif.

L'ONU a dénoncé à de nombreuses reprises des violations graves en Libye. Récemment, elle s'était dite horrifiée après des indications de charniers dans une région tombée il y a quelques semaines sous le contrôle des forces progouvernementales, soutenues par la Turquie, en guerre depuis plus d'un an contre celles du maréchal Khalifa Haftar, alliées à la Russie.

L'année dernière, le GNA avait accusé son ennemi de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Depuis l'augmentation des violences il y a près d'un an, les affrontements ont fait des milliers de victimes, selon l'ONU. Des centaines de civils ont aussi été blessés.

Mandat de Melzer prorogé

Parmi les autres décisions du Conseil lundi, le mandat du rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, a été prolongé pour trois ans. Depuis l'année dernière, celui-ci a largement été exposé sur la situation du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, détenu en Grande-Bretagne.

L'Australien est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700'000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Il risque jusqu'à 175 ans de prison.

M. Melzer a affirmé à plusieurs reprises qu'il présentait tous les symptômes de torture. Il avait estimé qu'un visa humanitaire suisse pour le soigner serait "politiquement acceptable" pour toutes les parties dans cette affaire.

Récemment, il s'est alarmé des effets du coronavirus sur les détenus et a demandé des investigations sur le racisme et les violences policières aux Etats-Unis. Lundi, la prolongation de son mandat, soutenue par la Suisse, a été approuvée par consensus.

Autre Suisse validé

Outre celui de M. Melzer, l'instance onusienne a étendu pour un an ceux des rapporteurs spéciaux sur l'Iran, la Birmanie et la Corée du Nord ou encore de l'expert indépendant sur le Mali. De même que la commission d'enquête internationale sur la Syrie et la commission des droits de l'homme sur le Soudan du Sud, dont fait partie le Genevois Andrew Clapham.

La Chine aura fait face à une demi-défaite devant l'instance onusienne. Sa seconde résolution controversée pour une collaboration "mutuellement avantageuse" sur les droits de l'homme a certes été validée. Mais d'une opposition en 2018, elle a cette fois-ci été désapprouvée par seize Etats. La Chine a subi "un revers embarrassant" pour elle, a commenté HRW.

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