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02.06.2020 - 17:07

L'extrême droite manifeste au nom de ceux "qui ne renoncent pas"

Les leaders de l'opposition d'extrême droite en Italie, dont le chef de la Ligue Matteo Salvini, ont manifesté mardi avec quelques centaines de militants pour faire entendre la voix de ceux "qui ne renoncent pas" et réclamer la démission du gouvernement.

Cette manifestation est "un geste symbolique pour faire entendre la voix des citoyens qui ne renoncent pas, ceux qui demandent une bureaucratie réduite à néant, une année de paix fiscale et une réduction des impôts à 15% et une véritable réforme de la justice", a prévenu Matteo Salvini sur Facebook.

Interdits de rassemblement d'ampleur pour cause de mesures sanitaires, environ un millier de militants ont déroulé un drapeau italien de 500 mètres sur la Via del Corso, artère centrale de Rome.

La manifestation, annoncée comme un flash mob silencieux et respectueux de la distanciation physique, s'est vite transformée en cortège emmené par Matteo Salvini, Giorgia Meloni, patronne de l'autre parti d'extrême droite Fratelli d'Italia, et Antonio Tajani, numéro 2 de Forza Italia, parti de droite de Silvio Berlusconi.

Fête nationale

Cette première sortie publique de M. Salvini dans un rassemblement depuis que l'épidémie de nouveau coronavirus a frappé la péninsule mi-février s'est déroulée le jour de la fête nationale, peu après les célébrations officielles en présence du président de la République Sergio Mattarella.

Selon un sondage relayé par l'agence de presse locale AGI, les trois partis sont crédités de 47% des intentions de vote, contre 36% à la majorité gouvernementale formée par la Parti démocrate (20%) et le Mouvement anti-système 5 Etoiles (M5S, 16%).

"Il y a besoin d'argent toute de suite pour les Italiens alors qu'on nous promet le recovery fund en 2021", a déclaré à la presse Matteo Salvini, en référence au plan de relance européen de 750 milliards d'euros pour faire face à la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus.

L'Italie, particulièrement touchée par l'épidémie avec près de 33.500 morts, sera le principal bénéficiaire de ce plan, avec 172,754 milliards d'euros de subventions et prêts.

"Liberté, Liberté"

"Nous sommes ici au nom des Italiens oubliés ces derniers mois et victimes de discrimination, il y a un préjugé contre le secteur privé, les travailleurs indépendants, il ne peut y avoir de travailleurs italiens oubliés".

Il s'est aussi dit opposé à la régularisation de migrants, décidée par le gouvernement en accordant un permis de séjour temporaire à plusieurs centaines de milliers de clandestins travaillant dans le secteur agricole et les aides à domicile.

Dans l'après-midi, quelques centaines de manifestants appartenant au mouvement dit des "Gilets orange" (rappelant les Gilets jaunes français) ont manifesté sur la Piazza del Popolo, au bout de la via del Corso, aux cris de "Liberté, Liberté", sans porter de masque et sans respecter les règles de distanciation physique, a constaté l'AFP.

Ce mouvement protestataire qui se dit ni de droite ni de gauche,a été créé en 2019 par un ancien général des carabiniers à la retraite, Antonio Pappalardo, qui s'est présenté aux élections régionales en Ombrie (centre) sans obtenir aucun siège.

Le mouvement, qui réclame la démission du gouvernement et des élections anticipées pour élire un nouveau parlement, plaide aussi pour le rétablissement la lire italienne comme monnaie nationale.

Parmi ses militants, reconnaissables à leur gilet orange, certains affirment que le coronavirus n'existe pas ou encore qu'il s'agit d'un complot ourdi par la finance mondiale, raison pour laquelle ils refusent de mettre un masque de protection.

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