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17.06.2020 - 17:00

L’acidification de l’océan Arctique sous-estimée

L'océan Arctique devrait absorber plus de CO2 au 21e siècle que ce que projettent la plupart des modèles climatiques. Son acidification pourrait être plus importante que prévu, selon une étude de chercheurs bernois et français publiée dans la revue Nature

Les océans absorbent près d’un quart des émissions de CO2 libérées chaque année dans l’atmosphère par les activités humaines. Ce CO2 additionnel est responsable du phénomène d'acidification, qui menace de nombreuses espèces, coquillages, crustacés ou coraux notamment, a indiqué mercredi l’Université de Berne dans un communiqué.

C'est dans l'océan Arctique que l'acidification des océans est la plus sévère. Cela est dû aux températures froides et à l’accélération de la fonte de la banquise qui conduisent à une forte dissolution du CO2 dans les eaux de surface.

Avec des confrères de l’École normale supérieure à Paris, les scientifiques bernois montrent qu'au cours du 21ème siècle, l’océan Arctique pourrait absorber 12% de CO2 de plus que prédit jusqu’à maintenant.

"Cela conduit à une plus grande acidification, en particulier entre 200 et 1000 mètres de profondeur", explique Jens Terhaar, du Centre Oeschger de recherche sur le changement climatique à l'Université de Berne, premier auteur de l’étude. Ces profondeurs sont des zones de vie importantes pour de nombreux organismes marins.

Conséquences sur la chaîne alimentaire

L'acidification des océans n'affecte pas seulement les coraux tropicaux, mais beaucoup d’autres espèces marines, en particulier toutes les espèces qui synthétisent des coquilles ou squelettes en carbonate de calcium, de même que des espèces de phytoplancton.

"Nos résultats suggèrent que le milieu marin pourrait devenir encore plus hostile à ces organismes dans cette région du globe", déclare Lester Kwiatkowski, l’un des co-auteurs, cité dans le communiqué. Si ces organismes sont affectés, cela aura probablement des effets négatifs sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, jusqu’aux poissons et aux mammifères marins.

Pour parvenir à ces résultats, l'équipe de chercheurs a appliqué une nouvelle technique d’analyse des simulations climatiques appelée "analyse par contrainte émergente". Cette technique peut permettre de réduire les incertitudes sur les projections futures en sélectionnant les modèles qui reproduisent le mieux certaines caractéristiques déjà observées aujourd’hui.

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