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27.05.2020 - 11:38

Gouvernement et députés fribourgeois dressent un bilan de la crise

Gouvernement et députés fribourgeois se sont réunis mercredi en séance plénière du Grand Conseil pour la première fois depuis trois mois. Ils ont salué la manière dont le canton a traversé la phase initiale de la crise du Covid-19, tout en abordant l'avenir.

Les députés n'avaient plus siégé depuis début février, à une époque où le sujet n'était sur aucune lèvre. Réunis dans un vaste espace à Forum Fribourg, à Granges-Paccot, gouvernement et groupes politiques ont constaté les dégâts et appelé à l'unité. Le rôle du conseiller fédéral fribourgeois Alain Berset a été loué.

La présidente du Conseil d'Etat, Anne-Claude Demierre, en charge de la santé, a tiré un bilan intermédiaire de la crise sanitaire. "Sur la base des statistiques du moment, avec un nombre très bas de nouveaux cas, il est permis d'anticiper un été plus calme. Reste que la crise générale crainte il y a trois mois s'est réalisée."

Humilité et reconnaissance

Dès le 28 février, et la limitation des réunions à moins de 1000 personnes, la crise sanitaire est devenue inévitable, vu la situation en Italie. La magistrate socialiste a insisté dans son intervention sur les mots humilité, face aux défis, et reconnaissance, à l'égard de tous les personnels concernés.

La facture de la crise devrait atteindre 400 millions de francs pour l'Etat de Fribourg lors de la période 2020-2022, a rappelé la présidente du gouvernement. Le canton a déjà apporté un soutien de 100 millions en faveur de l'économie, à destination des coûts fixes des entreprises, du tourisme, de la culture et des médias notamment.

Autre membre de la délégation du Conseil d'Etat pour la gestion de la crise sanitaire, Maurice Ropraz a dressé le détail des actions menées. "La situation, inédite depuis un siècle, donne une idée des forces et des faiblesses d'une société", a insisté le ministre en charge de la sécurité. Il a fallu gérer jusqu'à 1400 appels par jour.

Environnement et économie

Au-delà de la souffrance physique et psychique, avec un bilan de 84 morts dans le canton, la crise, qui n'est pas finie, a permis d'apprendre autant qu'en plusieurs années, a précisé Maurice Ropraz. Les grandes lignes du bilan du point de vue gouvernemental ont été partagées par les chefs de groupes au Grand Conseil.

Le socialiste David Bonny a appelé le Conseil d'Etat, son grand argentier Georges Godel en particulier, à ouvrir son porte-monnaie. Il s'agit de voir perdurer les points positifs constatés, notamment en matière de comportements plus respectueux de l'environnement. Discours repris largement par le groupe Vert Centre Gauche, via Benoît Rey.

Au nom du PDC, le député Hubert Dafflon a mentionné qu'une crise implique des dangers et des opportunités, et de la solidarité. Il a placé sur le podium les personnels de santé, les entreprises ainsi que l'armée et la protection civile. Les démocrates-chrétiens veulent s'engager pour la numérisation et la transition énergétique.

Soutien aux entreprises

Pour le député PLR Romain Collaud, "la crise a fait vaciller tous les acquis et modifier nos habitudes. Elle a mis un point noir sur notre capacité à se projeter dans l'avenir". Les libéraux-radicaux exigent un soutien plus fort encore en faveur des entrepreneurs, au-delà des mesures déjà arrêtées par le Conseil d'Etat.

Du côté de l'UDC, le député Nicolas Kolly s'est réjoui de la capacité de résistance des institutions, à commencer par le système de santé. Si le rôle de conduite joué par le canton est reconnu, les démocrates du centre demandent la levée immédiate de l'état de situation extraordinaire, pour rassurer et non alimenter la psychose.

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