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28.04.2020 - 15:24

C'est l'offre en proies sauvages qui dicte l'installation des loups

Les loups qui recolonisent les Alpes nord-occidentales s'installent de préférence dans les zones riches en cervidés. Les cerfs, suivis par les chevreuils, sont leurs proies de prédilection, selon une recherche menée en Valais par l'Université de Berne.

Durant quatre hivers, entre 2012 et 2016, des biologistes ont étudié l'utilisation du territoire par les loups en Valais. Si les premières observations en Valais remontent à 1995, la première preuve de reproduction date de 2016. Ce projet de recherche s'est donc concentré précisément sur la phase de formation et d'installation des premières meutes.

"Afin de rassembler des informations sur la présence du loup dans le territoire, nous avons installé plus de 100 pièges photographiques le long de sentes empruntées par la faune", explique Veronika Braunisch, qui a supervisé les analyses, citée mardi dans un communiqué de l'alma mater bernoise.

De surcroît, les chercheurs ont parcouru, deux fois par hiver, 218 transects d'un kilomètre de longueur répartis dans tout le canton afin d'y déceler les traces des ongulés dans la neige et ainsi cartographier la présence des proies potentielles du loup: cerf, chevreuil, chamois, sanglier, bouquetin, notamment.

Des relevés de terrain ont également porté sur les conditions météorologiques, l'utilisation du sol et les conditions topographiques. Bien qu'intuitivement on puisse bien s'imaginer que l'offre en nourriture est un facteur décisif pour le loup, aucune modélisation de ce genre n'avait jamais été tentée à ce jour car des données exhaustives sur ce prédateur et ses proies sont très difficiles à rassembler sur d'aussi grands secteurs.

La densité de cerfs prépondérante

Résultats: si les caractéristiques du paysage et les conditions environnementales jouent aussi un rôle, l'offre en proies est le facteur principal, expliquant à elle seule 53% du processus d'installation des loups. La densité de cerf élaphe est particulièrement importante (31%), suivie par celle du chevreuil (22%).

"Alors que les chevreuils sont importants pour les loups solitaires, étant une proie relativement facile, les cerfs représentent une proie nettement plus profitable dès lors que les loups chassent en groupe, notamment au sein d'une meute reproductrice", note Raphaël Arlettaz, initiateur du programme de recherche et directeur du Département de Biologie de l'Université de Berne.

Parmi les autres facteurs importants, les scientifiques ont relevé les précipitations (19%) et la présence de districts francs, soit des réserves où le gibier n'est pas chassé (16%).

Sur la base de leurs modèles statistiques, les chercheurs ont élaboré des cartes qui permettent de visualiser où la probabilité d'installation des meutes de loups est la plus vraisemblable dans le territoire. "C'est là que les mesures de protection des animaux de rente devraient être développées en priorité, conclut le Pr Arlettaz. Ces travaux sont publiés dans le Journal of Applied Ecology.

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