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29.04.2020 - 09:23

Bambins en garderie: un retour sous surveillance

Depuis lundi, les garderies ont repris progressivement leurs activités. Celles qui n'ont jamais fermé accueillent désormais un peu plus de bambins. Le tout dans des conditions assez particulières. Et sans balades, désormais interdites.

"La réouverture se passe plutôt bien, même s'il y a un peu de crainte", constate Veronica Puebla Waldmeyer, fondatrice et administratrice de la garderie privée Petites couleurs à Denges (VD). Conformément aux directives du canton, différentes mesures ont été mises en place pour protéger les enfants et le personnel.

A l'arrivée, un seul parent à la fois entre dans les locaux et il doit se tenir à distance de l'éducatrice. "On essaie de ne pas passer l'enfant de bras à bras, de le poser par terre", explique la responsable. Difficile, voire impossible, lorsque l'enfant pleure.

Vêtements à changer

Désinfection et lavage des mains sont de rigueur, pour les petits comme pour les éducatrices. Ces dernières doivent le faire chaque fois qu'elles ont touché un enfant et doivent veiller à garder leurs distances avec leurs collègues, "ce qui n'est pas toujours évident". Autre obligation: changer de vêtement en arrivant, et emporter le soir ses vêtements de travail pour les laver.

Des masques sont à disposition. "Les éducatrices ne veulent pas toutes le porter. Il n'y a pas d'obligation", précise Mme Puebla Waldmeyer. Elle-même possède un masque en tissu avec des dessins d'enfants dessus, ce qui est moins intimidant pour des bambins.

La réouverture lundi de la crèche n'a pas provoqué de ruée. "Cette semaine, environ 30% des enfants inscrits fréquentent la garderie. Cette proportion va grimper à 45% la semaine prochaine", estime Mme Puebla Waldmeyer. Des parents craignent d'envoyer leur petit à la crèche. "Pour certains, c'est un peu tôt", observe-t-elle. Ils se débrouillent avec le télétravail ou ont engagé une nounou à domicile.

Risques de faillites

Conséquence: Petites couleurs n'a pas dû refuser des demandes pour se plier aux exigences du canton, qui impose d'accueillir moins d'enfants. Financièrement, la situation est tendue. La garderie a obtenu le chômage partiel pour ses éducatrices durant la fermeture. Mais des frais fixes demeurent. "Nous arriverons à plus de 20'000 francs de perte à la fin de la semaine", calcule l'administratrice.

Les garderies privées aimeraient obtenir un soutien du canton. Un collectif représentant les intérêts d'une vingtaine d'institutions (soit une quarantaine de garderies) ont interpellé le canton, qui renvoie pour l'heure à une éventuelle décision fédérale. "Certaines crèches privées risquent de faire faillite d'ici la fin du mois de mai si elles ne reçoivent pas d'aide", avertit la responsable.

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