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10.03.2020 - 05:47

Argentine : au lendemain du 8 mars, nouvelle manifestation pro-IVG

Des milliers d'Argentines se sont rassemblées lundi à Buenos Aires pour réclamer une nouvelle fois la légalisation de l'avortement et dénoncer les féminicides. La mobilisation a eu lieu au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes.

Munies de foulards verts, symbolisant la lutte pour le droit à l'avortement, ou violets, couleur de ralliement des mouvements féministes dans le monde, les manifestantes de tout âge se sont rassemblées entre la Place de Mai et le palais du Congrès, dans le centre de la capitale, a constaté l'AFP.

"C'est mieux d'être dans la rue" pour se mobiliser avec les autres femmes, "que de rester à la maison", a déclaré à l'AFP Nora Viater, 61 ans, un foulard vert noué au poignet. "Nous voulons choisir combien d'enfants nous voulons", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par Nina, une adolescente de 14 ans, le visage maquillé de vert et de violet, défilant en compagnie d'autres adolescentes de son collège.

Septante féminicides depuis le 1er janvier

Les manifestantes ont également dénoncé les féminicides. Selon l'ONG Casa del Encuentro, le pays a enregistré 299 féminicides en 2019, soit 10 % de plus que l'année précédente (273). En 2020, 70 féminicides ont déjà été comptabilisés, selon plusieurs ONG. Au lendemain du 8 mars, les mouvements féministes avaient aussi appelé à une grève nationale féministe pour rendre visible le rôles des femmes dans la société et l'économie.

Les anti-avortement s'étaient, eux, mobilisés dimanche. Des milliers de personnes, brandissant des foulards bleu ciel contre l'interruption volontaire de grossesse (IVG), ont assisté à une messe à la Basilique de Notre-Dame de Lujan, important lieu de pèlerinage, à 75 km à l'ouest de Buenos Aires.

"Des millions d'Argentins et d'Argentines, croyants et non croyants, ont la profonde conviction que la vie existe dès la conception", a déclaré Mgr Oscar Ojea durant son homélie.

En cas de viol ou de danger pour la mère

Dans ce pays sud-américain de 45 millions d'habitants, berceau du pape François, l'avortement n'est légal qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Mais chaque année, environ 400'000 avortements sont pratiqués, la plupart du temps dans des conditions d'hygiène précaires, selon les organisations de Défense des droits des femmes.

En juin 2018, lors d'un vote historique, la chambre des députés avait approuvé la légalisation de l'IVG jusqu'à la 14e semaine, mais le Sénat l'avait finalement rejetée quelques semaines plus tard.

Le nouveau président de centre-gauche Alberto Fernandez s'est fermement engagé à présenter rapidement devant le Parlement un nouveau projet de loi en faveur de la légalisation.

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