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09.07.2020 - 05:22

Aide en Syrie: à l'ONU, échec russe et nouvel essai germano-belge

Recalées mardi par la Russie et la Chine, l'Allemagne et la Belgique ont proposé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution maintenant en l'état l'aide humanitaire transfrontalière aux Syriens. La Russie a échoué à la faire réduire.

Le résultat d'un prochain vote sur la nouvelle tentative européenne, que pourrait à nouveau bloquer Moscou, n'est pas attendu avant vendredi, jour de l'expiration de l'autorisation transfrontalière de l'ONU.

Le premier texte germano-belge prévoyait le maintien pendant un an des deux points d'entrée actuels en Syrie sur la frontière turque, à Bab al-Salam qui mène à la région d'Alep, et à Bab al-Hawa qui permet d'accéder à la région d'Idleb.

Texte russe écarté

La Russie, qui veut supprimer le point d'entrée de Bab al-Salam et n'avoir qu'une prolongation de six mois du dispositif, y a mis son veto mardi, accompagnée par la Chine. Moscou a ensuite soumis au Conseil une contreproposition, reprenant ses conditions: un point d'entrée pour six mois.

Mercredi, seuls trois pays - Chine, Afrique du Sud et Vietnam - ont voté en faveur du texte russe. Sept membres du Conseil (Etats-Unis, Européens et République dominicaine) l'ont rejeté, quatre pays (Indonésie, Tunisie, Niger, Saint-Vincent et les Grenadines) s'abstenant. La proposition russe a été écartée, ne recueillant pas les 9 voix minimum requises sur 15 pour son adoption.

"Ne pas être parvenu à un accord sur le renouvèlement de l'aide transfrontalière est un coup dévastateur pour les millions de familles syriennes qui en dépendent pour l'eau potable, la nourriture, les soins de santé et le logement", a réagi dans un communiqué l'ONG Oxfam, renvoyant implicitement dos à dos Russie, Allemagne et Belgique.

"Epreuve de force"

Dans leur dernier projet de texte, obtenu par l'AFP, ces deux derniers pays ont abandonné l'idée d'une prolongation du dispositif pour un an, ne réclamant plus que six mois. Mais ils ont gardé l'ouverture de deux points d'entrée en Syrie et rien ne dit que Moscou, en position de force sur le sujet comme déjà il y a six mois, s'en satisfera.

"Une fois de plus, nous sommes dans une épreuve de force", déplore un diplomate sous couvert d'anonymat, en regrettant qu'il n'y ait pas eu "une approche plus négociée" du sujet.

En janvier, après déjà un veto fin décembre, la Russie avait fait plier l'ONU en obtenant de l'Allemagne et de la Belgique une réduction drastique du dispositif transfrontalier, passé de quatre points d'entrée à deux, et uniquement pour six mois contre le renouvèlement annuel qui prévalait jusque-là.

Ce dispositif spécifique de l'ONU existe depuis 2014 et permet de s'affranchir de tout aval de Damas pour acheminer de l'aide humanitaire aux Syriens dans des zones que le régime ne contrôle pas.

La Russie, pour qui l'autorisation onusienne viole la souveraineté syrienne, estime que le pouvoir syrien a repris suffisamment de territoires pour une nouvelle réduction du dispositif. Moscou souligne que l'aide peut passer par Damas, un argument rejeté par les Occidentaux qui jugent que le transfrontalier n'a pas d'alternative et que la bureaucratie et la politique syriennes empêchent d'acheminer efficacement de l'aide.

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